1 janv. 2004

Distribus - Constats 2004

Depuis septembre 2003, les structures vaudoises participant au Programme cantonal de prévention des maladies transmissibles et échange de matériel stérile pour les personnes toxicodépendantes mené par le Service de la santé publique et Rel’ier constatent une diminution progressive du nombre de seringues remises. D’un peu plus de 20'000 seringues distribuées en septembre 2003, nous atteignons un peu moins de 15'000 seringues en juillet 2004.
Parallèlement, les structures de dépannage (l’UNISET et dans une moindre mesure le Rel’Aids) ont augmenté progressivement leur remise de matériel stérile et ceci sous la forme de boites flash.
Cependant, cette augmentation ne compense de loin pas la diminution constatée dans les autres lieux.
Mis à part le fait que ces deux structures n’ont pas pour mission première de distribuer du matériel stérile, elles ne peuvent pas transmettre, dans de bonnes conditions (travail de rue),  conseils et informations sur l’hygiène d’injection. Elles ne peuvent pas non plus prodiguer les premiers soins en cas  d’abcès et infections diverses. Ce qui  est particulièrement important compte tenu de la dégradation constatée de l’état de santé général des consommateur-trice-s.
Le taux de transmission du VIH est particulièrement important au sein de la population toxico-dépendante vaudoise. Une récente étude comparative entre Genève et Vaud  montre qu’entre 2000 et  2004, il y a eu 50 cas de contamination par échanges de matériel d’injection dans le canton de Vaud contre 10 dans le canton de Genève. Cette différence ne s’explique pas uniquement par l’absence d’un local de consommation dans le canton de Vaud.
Selon les dires de nombreux-ses consommateur-trice-s, il ressort que, dans leur pratique quotidienne, ils-elles cherchent d’abord le produit et se préoccupent ensuite du matériel d’injection. Cependant, une fois le produit obtenu, ils-elles doivent se l’injecter rapidement et plus particulièrement chez les consommateur-trice-s de cocaïne. D’où, un risque important de partage ou de réutilisation de  matériel d’injection si celui-ci n’est pas disponible rapidement dans les environs immédiats de l’achat des produits.
Ces risques se sont vérifiés avec le déplacement en novembre 2004 de la Soupe populaire. Cette structure participant à l’échange de matériel stérile,  jusqu’alors installée à proximité de la place St-Laurent, lieu de trafic et de rencontre de la population toxico-dépendante, s’est éloignée géographiquement pour occuper un local à la rue St-Martin. Depuis, le nombre de seringues distribuées a diminué.

 Enfin, la remise de  matériel d’injection n’est pas assurée de façon optimale en particulier en début de soirée. Le Passage offre une distribution chaque jour de semaine jusqu’à 17 heures et les week-ends jusqu’à 15 heures. La Soupe populaire prend le relais à partir de 19h30 chaque jour sauf les mercredis. Entre la fermeture du Passage et l’ouverture de la Soupe populaire, UNISET, principalement, et  Rel’Aids, occasionnellement, offrent un dépannage. De plus, Il n’y a pas de distribution de matériel stérile les mercredis soir, hormis les pharmacies et le dépannage offert par UNISET