22 mars 2016

Article 24h du 22.03.2016


La Terrasse restera ouverte. La Ville de Lausanne a décidé de pérenniser le lieu d’accueil de jour situé au Vallon et dédié aux personnes toxicodépendantes. Les résultats de l’expérience pilote menée depuis février 2014 sont très encourageants.
« La consommation des bénéficiaires diminue, de même que les risques associés commente Nicolas Pythoud, directeur de la Fondation Accueil à bas seuil (ABS) qui gère la structure. Il s’agit aussi d’une porte d’entrée vers le réseau médico-social car il est plus simple de se présenter à La Terrasse plutôt que dans une structure médicale.» Sur place, une psychologue assure une permanence alcoologique et psychothérapeutique et peut réorienter les consommateurs vers le réseau de soins.
Consommation tolérée mais diminuée
« Les usagers se soucient réellement de leur santé et sont preneurs des prestations proposées, ajoute Jean-Bernard Daeppen, chef du service alcoologie du CHUV qui a évalué le projet. Nous ne pouvons pas dire que La Terrasse soigne mais quand quelque chose est proposé, les gens ont tendance à aller mieux. » Et de mettre en avant le choix d’un espace qui tolère l’alcool plutôt que de miser sur le sevrage total. « Il fallait un lieu différent, appuie Nicolas Pythoud. Beaucoup de marginaux refusaient de fréquenter les structures existantes car ils ne parvenaient pas à abandonner leur canette à l’entrée,»
La fréquentation mensuelle oscille entre 1000 et 1200 personnes depuis mars 2014, avec une grande majorité d'hommes. Une absence de mixité qui ne reflète pas la réalité en matière de dépendance et sur laquelle les responsables entendent travailler.
Diversifier la prise en charge
Alors que le Canton avait largement financé la reconstruction et l’ouverture de La Terrasse, son fonctionnement annuel sera désormais inscrit au budget communal pour un montant de 720 000 francs. « La Ville entend ainsi s’engager sur les quatre piliers définis par la Confédération à savoir la prévention, la réduction des risques, la thérapie et la régulation » affirme Oscar Tosato, municipal chargé de la cohésion sociale.
En partie reconstruite par une soixantaine de bénéficiaires, La Terrasse se veut complémentaire de l’Espace, structure à destination des populations précaires. Les deux lieux sont désormais pérennisés. « Nous constatons que chaque établissement est occupé par les personnes auxquelles il est destiné, souligne Michel Cornut, chef du service social de Lausanne. Dans le cas contraire, elles sont de toute façon redirigées au sein du réseau.» Le financement de l’Espace est aussi inscrit au budget communal à hauteur de 775 000 francs. (24 heures)