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02.08.2011
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. Défi
addictions : Fondement d’une approche durable de la politique des
addictions en Suisse Le
groupe de pilotage des commissions fédérales pour les problèmes liés
à l’alcool, les questions liées aux drogues et à la prévention du
tabagisme propose, dans son rapport « Défi addictions 2010 »,
une politique cohérente en matière d’addiction et mettant en avant la
santé publique et ceci en 10 lignes directrice. Les
réactions des détracteurs de toute évolution de la politique des
drogues vis-à-vis de ce rapport n’ont pas manqué : banalisation
des drogues illégales, dangerosité des drogues, mauvais messages adressés
à la jeunesse, remise en question de la probité du groupe d’experts,
etc. Or,
ces mêmes détracteurs n’ont pas d’autres solutions à apporter que
celles qui sont déjà en vigueur aujourd’hui et qui n’ont
malheureusement pas permis de diminuer la consommation de produits
psychotropes voire de la supprimer. Par contre, en stigmatisant les
consommateurs de produits psychotropes illégaux par la pénalisation de
leur consommation, ils les plongent dans une misère sociale, sanitaire et
économique désastreuse, et ceci au nom de la protection de la jeunesse. Non
seulement la répression de la consommation n’a pas démontré son
caractère préventif auprès de la jeunesse, mais de plus elle coûte
cher aux contribuables. Il en va de même pour la répression du trafic.
Malgré les importants moyens mis en œuvre, les dealers et les substances
illégales inondent de plus en plus les villes et les campagnes et le
nombre de consommateurs ne cesse de croître. Et ceci sans parler des bénéfices
colossaux réalisés par les mafias en tout genre qui gèrent le marché
des drogues illégales et qui menacent aujourd’hui l’économie réelle.
Des Etats dans l’Etat se construisent petit à petit grâce à
l’argent provenant de ce trafic et la sécurité des Etats est
clairement menacée par cette économie parallèle qui rapporte
aujourd’hui plus d’argent que l’économie réelle. Ces mêmes mafias
gèrent la prostitution, la traite des êtres humains et le trafic
d’armes. Elles contribuent également à soutenir les pires régimes qui
bafouent les droits élémentaires de leurs citoyens et à financer le
terrorisme international. Aussi,
il est grand temps de couper les vivres à ces mafias qui menacent
clairement notre sécurité, celle de nos institutions démocratiques et
celle de chaque citoyen. Et le seul moyen pour y parvenir est la légalisation
de toutes les drogues afin d’en reprendre le contrôle démocratique. Si,
dans un premier temps, le risque est réel d’observer une augmentation
de leur consommation, nous pouvons supposer qu’elle se stabilisera après
quelques années. Cependant, les moyens financiers considérables que la
vente de ces substances pourra rapporter aux Etats complétée par les économies
réalisées par l’abandon partiel de la répression permettront
d’investir massivement dans la prévention et la création de conditions
de vie dans « une société avec plus de justice sociale et offrant
donc plus de perspectives d’épanouissement à tous ces citoyens »,
conditions qui permettront peut-être de voir enfin une diminution de la
consommation de substances psychotropes dangereuses pour la santé.
Nicolas Pythoud, intervenant en dépendances |
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