L'histoire de l’Association puis de la Fondation ABS prend racine dans les évolutions conceptuelles de la politique nationale en matière de drogue au cours des années huitante. Cette période est, en effet, marquée par l'apparition de nouvelles problématiques aussi bien sanitaires que sociales pour les personnes toxicodépendantes. L’ampleur prise par l'épidémie du SIDA, l'augmentation du nombre de consommateurs de drogues, la précarisation croissante des toxicomanes ainsi que l'apparition de « scènes ouvertes » dans certaines villes de Suisse sont à l'origine de l'introduction d'un quatrième pilier dans le modèle politique existant essentiellement axé jusqu'alors sur la prévention, la prise en charge thérapeutique et la répression. Ce pilier dit de la « réduction des risques et l'aide à la survie » ne vise pas directement l'abstinence.

Ses objectifs sont  de limiter les atteintes sur le plan bio-psycho-social vécu par les toxicomanes en phase de consommation active, ceci afin de préserver, voire d'améliorer leurs chances de sortir de leur dépendance.

L'application de la politique fédérale en matière de drogue relevant de la compétence des cantons et des communes, sa mise en place s'est construite de manière hétérogène selon les orientations choisies par chacun d'entre eux.

Au début des années nonante, une « mini-scène ouverte » apparaît à Lausanne. Des réponses diversifiées, telles que la Pastorale de rue ou médecin de rue, sont proposées pour faire face à cette nouvelle problématique. A partir de 1993, le Conseil d'Etat vaudois « relève que la politique cantonale doit  être orientée vers les personnes dépendantes et que, tout en maintenant l'abstinence comme objectif principal, seule une palette d'offres différenciées et complémentaires apportent des réponses à cette problématique. En 1994, en complément aux deux institutions existantes, Le Levant et Le Relais, le Conseil d'Etat recommande l'ouverture d'un lieu de sevrage, La Calypso à Cery, et la création d'une structure d'accueil et d'orientation, le Centre St-Martin à Lausanne. »* Un dispositif spécialisé se met donc en place, favorisant ainsi le développement des prestations de sevrage et de traitement. Les centres d'accueil et d'orientation destinés aux personnes qui ne sont pas encore prêtes à être abstinentes et les intervenants de rue viennent compléter ce dispositif.

 Dans la deuxième moitié des années nonante, la Municipalité de Lausanne constate l'insuffisance des offres d'accueil de jour destinées aux personnes toxicomanes et souhaite développer, conformément aux directives fédérales, le pilier dit de « réduction des risques ». L'augmentation importante des demandes perçues par la Pastorale de rue, la fragilisation de l'Association Mère Sofia suite au décès de sa fondatrice ainsi que les plaintes enregistrées par la municipalité concernant la présence de personnes toxicomanes à St-Laurent notamment sont autant de facteurs induisant la nécessité d'ouvrir un lieu d'accueil adéquat. En 1998, un préavis voté par le Conseil Communal alloue à l'Association ABS (Accueil Bas Seuil) un budget destiné à mettre en place un lieu d'accueil à seuil bas axé vers la réduction des risques. L’Association ABS ouvre le centre d’accueil « Le Passage » en mai 1999. Initialement tourné non-seulement vers l'accueil de personnes dépendantes mais également toute personne en situation de précarité, les activités d’accueil du Passage sont recentrées dès 2001 autour de prestations spécifiques destinées aux personnes toxicodépendantes. En 2003, l'Association ABS change de statut juridique pour devenir une Fondation.

* Rel'ier.(2004), Zoom; A propos de toxicomanie en région Lausannoise n°21

 

 

 

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